Dans l’édition de mars 2007, je terminais le billet en souhaitant que les trois chefs de gros partis politiques réalisent qu’ils ne méritent plus la confiance de la population. Au lendemain de ces élections, et, en faisant fi des propos que ces messieurs expriment sur la place publique, je crois que mon souhait aura été exaucé !

Tout d’abord, Jean Charest a perdu toute légitimité et toute crédibilité de gouverner. Une perte envers la population, au sein de sa propre équipe et aux côtés des autres provinces. Même dans sa circonscription, près du deux tiers des Sherbrookois lui ont préféré un autre parti ! Pour cela je vous en remercie ! Qu’il dise ce qu’il veut, il le sait. Dans un contexte où le Parti québécois battait de l’aile, il a décidé, ce printemps, de déclencher des élections. Il a tenté d’abuser de notre démocratie si imparfaite, de la tourner en sa faveur, en choi­sissant « son » moment. Mais voilà, plusieurs mécontents n’auront pas hésité à voter vers encore pire pour le contester !

Au Parti québécois, des guerres intestines laissent prévoir le pire. Il y en a pour se perdre déjà dans une nouvelle course à la chefferie. Le charisme semble plus important que l’expérience. On songe à un homme qui était en­core comédien il y a un an ! N’est-ce pas un signe que ce parti est peu rigoureux, peu sérieux, voire déchu, obsédé par la reprise à tout prix du pouvoir perdu !

Reste l’ADQ, qui aujourd’hui, peut se targuer d’une hausse de voix et de députés. Cependant, ce parti n’a tellement pas été cohérent dans la promotion de son pro­gramme, et semble très clairsemé dans la qualité et l’expérience de plusieurs de ses « participants » nouvellement élus, qu’il faudrait être vraiment fou pour croire que 30 % et quelque de Québécois « ont voté pour cela ».

Vers la proportionnelle

Nous sommes une fois de plus à l’ère du « changement », ce dont raffolent les Québécois. Dans un même temps, la réforme du mode de scrutin refait surface dans les médias. Bien sûr, après les élections ! Cela ne fait-il pas au minimum 40 ans que nous en parlons ? Les libéraux avaient amorcé une action qui n’a jamais débouché. Pourquoi termine­raient-ils le travail maintenant ? Le Parti québécois est quant à lui trop préoccupé et menacé par les solidaires et les verts pour s’y engager sérieusement. L’ADQ se prononçait autrefois « pour » ; va-t-elle imiter les « vieux partis » en changeant de cap ?

Oui à la proportionnelle, car oui au vrai changement et à la démo­cratie ! Mais que l’on se le tienne pour dit : le Québec n’a pas né­cessairement changé pour le mieux le 26 mars dernier. Reste donc à voir si la démocratie aura repris une bonne santé aux pro­chaines élections.

 

 

 

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