On retrouve à Sherbrooke plusieurs institutions sco­laires privées. Une école primaire, 4 écoles secondaires, 1 cégep et quelques écoles spéciali­sées (secrétariat, etc.).

Le Mouvement pour l’enseignement privé mène depuis quel­ques années de vigoureuses campagnes pour que le gouvernement québécois augmente sa part de financement du secteur de l’en­seignement privé. Ce mouve­ment nous présente le système scolaire privé comme étant le « paradis sur terre ».

Qu’en est-il dans les faits ? L’é­cole privée est-elle ouverte à tous et à toutes ? Le rendement scolaire des étudiant-e-s fréquentant ce réseau scolaire est-il réellement supérieur à celui des élèves du secteur public ?

Le réseau scolaire privé…

Depuis 1970 le nombre de jeunes fréquentant le réseau sco­laire privé a augmenté de 60 % au Canada. De son côté le système public a vu sa clientèle diminuer de 17 %. Plus de 100 000 jeunes fréquentent l’école privée au Québec qui compte à lui seul 43 % de la clientèle privée au Ca­nada.

Le financement… les coûts…

Cette situation s’explique en partie par le fait que les écoles privées au Québec sont financées à 61,3 % par le gouvernement du Québec. En Ontario la situation est bien différente, l’État ne contribuant qu’à 9,3 % du budget des institutions privées.

En 1985 il en coûtait en moyenne 1700 $ pour que son enfant fréquente une école élé­mentaire privée. Au secondaire ces coûts s’élevaient en moyenne à 1000 $.

Sélection… clientèle…

Selon le président du Mouve­ment pour l’enseignement privé, il est normal de procéder à une sélection des élèves pouvant ac­céder à l’école privée et cela pour assurer la cohérence du projet éducatif. Ce projet fortement éli­tiste, M. Pierre Pion est fier d’en parler; il souligne que 53 % des dirigeants d’entreprises sont issus du secteur privé.

La sélection s’exerce à deux niveaux. Tout d’abord les aspi­rant-e-s subissent des tests d’intelligence et voient leurs résultats, scolaires analysés. N’entre pas qui veut mais plutôt qui atteint les standards d’excellence choisis par l’institution.

Après avoir franchi cette étape on parle d’argent. Les enfants is­sus de milieux non favorisés peu­vent obtenir des bourses. Malgré cela une sélection basée sur les revenus familiaux s’exerce puis­que de nombreuses familles n’o­sent faire passer les tests à leurs enfants ne croyant pas être en me­sure de payer les frais de scola­rité. De toute façon les bourses disponibles peuvent-elles per­mettre de remplir les écoles pri­vées d’élèves issus de milieux dé­favorisés ?

L’on retrouve donc dans le système privé d’éducation beau­coup plus de jeunes issus de fa­milles à revenus élevés que d’en­fants issus de familles à faibles revenus.

La sélection à partir des tests fait en sorte que la majorité des écoles privées reçoivent une clientèle que l’on retrouverait au secteur public dans les voies enri­chies ou normales.

De plus le système scolaire privé ouvre peu ses portes à l’en­seignement professionnel. Quand il le fait c’est pour former en bonne partie des filles dans des domaines conventionnels (secré­tariat, commerce, soins esthéti­ques).

Comparaisons privé/public…

On affirme que les élèves du secteur privé obtiennent de meil­leurs résultats académiques que ceux du secteur public. Toute comparaison à ce niveau s’avère boiteuse. L’école privée sélec­tionne ses élèves; sauf exception on n’y accepte pas les élèves considérés faibles alors que le secteur public le fait.

On n’a pas à ce jour réalisé de comparaisons entre les élèves « forts » des deux secteurs.

De plus le secteur privé se vante d’avoir un taux d’échec moins élevé. On oublie de souli­gner que les « indésirables » sont rejetés par le système privé, alors que l’école publique a comme mission de les « garder à l’école » jusqu’à 16 ans.

On ne compare donc pas les mêmes clientèles scolaires.

Choisir l’école privée…

La force du secteur privé ré­side dans la peur qu’ont en géné­ral les gens face aux polyva­lentes.

« Moi je vais aller chez les Ursulines parce que ma grand-mère et ma mère y sont allées et parce que je pense que je vais y recevoir une bonne éducation ».
Marie-Claude (12 ans)

Dans certains cas on fréquente l’école privée pour maintenir une tradition.

De nombreuses autres raisons sont évoquées par des parents qui avec ou sans le consentement de leur(s) enfant(s) choisissent l’é­cole privée…

  • L’espoir de voir développer au maximum le potentiel in­tellectuel de leur(s) enfant(s). On retrouve dans cette caté­gorie les parents hantés par les notes.
  • L’encadrement et la disci­pline qu’offre l’école privée.
  • L’école non-mixte permet aux élèves de se concentrer davantage sur leurs études.

Choisir l’école publique…

L’école publique malgré les corrections qu’on doive y appor­ter mérite qu’on consacre autant d’énergie pour la valoriser, l’a­méliorer que le font les partisans du secteur privé.

La clientèle plus nombreuse au secteur public permet d’offrir une plus grande diversité de cours et de services. Des efforts sont four­nis pour rendre les polyvalentes plus vivantes. On n’a qu’à penser au travail qui s’effectue à l’école

Le Ber au niveau de la prévention du suicide. C’est au ministère de l’Éducation de reviser ses positions… alléger la tâche des ensei­gnant-e-s et favoriser un meilleur encadrement des élèves, un meil­leur soutien.

« J’ai choisi d’aller à l’é­cole secondaire publi­que. On m’a dit que dans les écoles privées il y a une bonne discipline et que les élèves sont sé­rieux. Moi je crois que dans une école publique je devrai être plus res­ponsable et me donner une discipline person­nelle. Je crois que ce se­ra plus profitable pour moi ».
Véro (11 ans).

Le financement de l’école pri­vée ne devrait pas être assuré par l’État au détriment du secteur pu­blic qui lui est accessible à tous et à toutes, ce qui n’est pas le cas du secteur privé.

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